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de FLORELLE et d’YVAIN Depuis son retour de voyage je trouve Yvain mon voisin et ami bien « tristounet ». Un soir tout bleu de brume il me conte ce qui suit…. « Alors que je traverse le Pays de Gâtine en automne dernier ma moto « tombe » en panne au bord d’un chemin à deux pas d’une auberge dont l’enseigne est « La Cabane de Florelle »! Contrarié par cet incident ,j’en gravis les marches afin de téléphoner , mais la porte est close ; sur une pancarte de guingois est écrit: Les vacances sont finies , revenez au Printemps ! C’est bien ma veine à nouveau j’essais de mettre ma « bécane » en route , impossible , pourtant j’en ai fait le plein il y a moins d’une heure…je reste perplexe. Le jour baisse , un petit vent frisquet se lève , dégoûté , je m’assieds sous l’auvent de La Cabane ; je fouille dans mon sac à dos et en sors un reste de sandwich , une bouteille d’eau….ce n’est pas le Pérou , mais j’ai faim Tout en mâchant le pain rassis , je détaille les alentours ; l’endroit est boisé aux beaux jours ce doit être agréable pour y passer les vacances . Comme je suis fatigué subitement…il me semble entendre des rires , des bribes de conversations , pourtant je suis seul , il n’y a pas âmes qui vivent. Une petite bruine acérée comme des pointes d’aiguilles arrive portée par le vent , je frissonne tout en m’enveloppant de mon plaid pour faire un somme , ce n’est guère confortable mais j’ai tellement sommeil , que cette pose est la bienvenue malgré l’inconfort ! « -Psitt , psitt » qui m’interpelle ainsi ? Bah, c’est le vent dans les arbres je me tourne un peu « Psitt , Psitt » Ce chuintement ne semble venir de nulle part , ça m’agace ; voilà que l’on touche mon genoux ,en me redressant je vois un petit bonhomme tout rond vêtu de rouge et de vert , un col blanc chiffonné lui mange à demi les oreilles , sous ses cheveux blonds frisés comme la toison des moutons sa face rubiconde éclairée par ses yeux bleus malicieux se plisse de rire, il ressemble à un nain de Blanche-Neige; hilare les poings sur les hanches il chantonne : « -Hé , l’ami tu ne m’entendais pas ?Tu as du temps devant toi , ta drôle de machine n’est pas prête de repartir ; viens avec moi chez Florelle »